L’IBU, une mesure sans étiquette !

Léo 13 septembre 2011 0

Élément incontournable pour les amateurs rompus à l’art de la dégustation, estimer le taux d’amertume d’une bière est toujours un exercice périlleux. En effet, cela dépend fortement de la perception du goût que chacun développe et il peut sembler très subjectif de vouloir déterminer la plus ou moins grande amertume d’une bière par rapport à une autre.

Il existe pourtant une mesure physique internationale permettant de déterminer précisément le taux d’amertume d’une bière. Celle-ci est appelée IBU, initiale de International Bitterness Unit, ce qui se traduit en français par Unité International de l’Amertume. La détermination de l’IBU d’une bière est basée sur la plus ou moins forte concentration d’acide alpha dans celle-ci, cet acide étant l’agent amérisant contenu dans le houblon. Il existe aujourd’hui trois formules différentes permettant de déterminer l’IBU.

Si les bières industrielles des grands groupes brassicoles ont un IBU généralement compris entre 10 et 25, on peut trouver des bières présentant un taux d’amertume de 150 IBUs. Au delà de ce sommet, le palais montre ses limites et ne perçoit plus de nuances dans l’amertume.

Guide d'étalonnage de l'IBU

Peu répandue en France et en Europe aujourd’hui, cette unité est de plus en plus utilisée par les brasseurs américains et anglais, afin de renseigner de manière précise les consommateurs sur le contenu de la bouteille qu’ils s’apprêtent à boire.

Il est dommage et surprenant que cette unité est tant de mal à percer en Europe latine, car si elle ne permets pas de se faire un avis sur les qualités gustatives d’une bière et sur la puissance effective de l’amertume en bouche, cela reste quand même un bon indicateur de la tendance dans laquelle chaque bière s’inscrit.

Et à l’heure où les consommateurs s’écartent de plus en plus des bières consensuelles de la grande distribution pour s’orienter vers des bières « spéciales » et issues de circuit de production et de distribution plus artisanaux, ce type d’indicateur serait plus que bienvenu.

Pourtant force est de constater que les artisans brasseurs ne soutiennent pas cette tendance, en tentant d’aiguiller au mieux ces nouveaux consommateurs de « vraies » bières dans leur choix. On a bien constaté quelques soubresauts de la part des brasseurs européens, avec par exemple le Front Hexagonal de Libièration.

Ce collectif, formé par une petite dizaine d’artisans brasseurs et de passionnés, tente de faire la Logo du Front Hexagonal de Libièrationpromotion des bières dites « de caractères » en s’inspirant de mouvements existant déjà dans un pays avant-gardiste comme les U.S.A.  Sur son site, ce collectif fait la promotion de l’IBU en affichant notamment l’IBU des bières produites par les brasseurs membres. Pourtant, on ne retrouve pas l’IBU sur les étiquettes des bouteilles de ces mêmes artisans brasseurs ce qui est assez paradoxal.

En attendant un changement des mentalités et la vulgarisation de l’IBU, voilà quelques mesures pour vous permettre d’étalonner votre palais et de prendre vos repères quant à l’amertume d’une bière :

  • Hardcore IPA de la brasserie Brewdog : 150 IBU
  • XX bitter de la brasserie De Ranke : 65 IBU
  • Fleurac Triple Brune IPA : 60 IBU
  • Chimay Bleue de l’Abbaye cistérienne de Scormout : 35 IBU
  • Duvel de la brasserie Moortgat : 30 IBU
  • Leffe Blonde du Groupe AB-Inbev : 22 IBU
  • Don de Dieu de la brasserie Unibroue : 10.5 IBU

Je tiens à préciser que, même si cette mesure est scientifique, la perception que chacun se fait de l’amertume d’une bière reste très subjective. De plus, une bière peut voir son amertume atténuée en bouche par une forte présence de sucre, tout en ayant un IBU élevé !

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