Samichlaus, la quête…

mmarceau 19 juillet 2011 0

Tout commença par un joli cadeau du père Noël qui visiblement m’avait trouvée fort sage cette année là. Il avait mis dans sa hotte une encyclopédie des bières du monde. Par le titre alléché, chéri se mit en tête de dénicher la plus forte de l’ouvrage qu’il feuilletât plusieurs heures durant.
La Samichlaus, décréta t-il, il nous la faut goûter !

A y regarder de plus près, cette bière se prêtait bien à la saison. Brassée une fois l’an à la saint Nicolas (dont elle tire son nom), la rareté, qui titre à 14°, est mûrie dix mois en fût avant l’embouteillage. Originaire de suisse alémanique brassée chez Hürlimann jusqu’en 1997 (première cuvée en 1980), elle a été rachetée par les autrichiens Schloss  Eggenberger.
Il me fallut pas mal de recherches avant de la dénicher,  la brune. C’est la magie du web qui nous offrit de quoi assouvir notre curiosité en caisse de six. Et un soir,  j’ai pu apporter à mon cher et  tendre, cette merveille à peine rafraîchie.

Vêtue d’argent et de marron-bordeau glacé, estampillée de son vieil homme, nous avions hâte de dégager son long col afin de la décapsuler. Dans le verre, le breuvage a la couleur de l’armagnac et se pare d’une courte mousse caramel qui s’étiole presque aussitôt. Elle sent le malt, le pain d’épices, l’alcool. A la première gorgée nous avons l’impression de déguster un sirop de bière tant elle est sucrée. Des arômes de bois, de fumé, de pruneau à l’eau de vie se dégagent. Au fur et à mesure des saveurs de raisins secs et de dattes se mêlent à un goût de sucre rapadura qui couvre une très, très légère amertume. En fin de bouche reste une impression de cognac, de réglisse, de melon trop mûr, de résine, de miel, de Monbazillac… L’alcool, réchauffe comme au coin du feu en hiver. Les 33cl servent parfaitement deux verres qui se savourent longuement et tisseraient des liens entre les plus farouches ennemis qui soient.
Cette bière est un enchantement que nous avons dégustée sur plusieurs années et à qui le temps a sied à ravir.

Avec beaucoup de fierté nous avons servi une bouteille à un ami. Devant nos mines réjouies, il resta stoïque et rétorqua qu’elle avait un goût de 8.6… Aujourd’hui j’attribue son affront à la nature même de cette doppelbock et sans doute à la diversité des palais qui métissent la communauté des amateurs de bière.

Je tiens à préciser que le détail de la dégustation à été réalisé avec une bouteille, encore jeune, de 2010, tout un programme pour celles qui dormiront quelques temps dans ma cave !

 

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